Entretien avec la réalisatrice
Iranienne Rakhshan Bani Etemad
par critique de cinéma Lalit Rao
Entretien réalisé à Vesoul le 04
février 2006 par Lalit RAO
lors du 12ème Festival International du film Asiatique de Vesoul
2006 (31 Jan-7 Fév 2006) Remerciements à Shahla Nahid
A travers ses films tantôt documentaires tantôt
fictions,Rakhshan Bani Etemad a réussi à exercer un statut
primordial au sein de la cinématographie Iranienne. Ses films
offrent un insigne point de vue sur la société Iranienne en
plein mutation entremêlant un style théâtral avec toutes les
émotions humaines. Chef de file des femmes cinéastes
Iraniennes,Rakhshan Bani Etemad tout comme ses homologues
masculins, sintéresse bien à lhumanité
quelle met en valeur dans ses films Gilaneh et
Sous la peau de la ville montrés lors du 12ème
Festival International du film Asiatique de Vesoul 2006.
Lalit Rao : Votre film Gilaneh évoque deux guerres
différentes. Lune de lan 1988 avec lIraq et
lautre de lan 2001 de lAmérique contre
lIraq. Pour quelles raisons avez-vous voulu parler de deux
époques différentes ?
Rakhshan Bani Etemad: Jai souhaité montrer la haine pour
la guerre à travers ce film. Lorsque les américains ont
attaqué lIraq,on a senti comme nos ennemies étaient
battus. De toute façon,il sagissait toujours de la guerre.
Limportant pour moi cétait dabsolument
dénoncer la guerre. Nimporte quelle guerre.
Lalit Rao : Pourriez-vous parler un peu du système de production
des films en Iran tout en décrivant votre collaboration avec le
grand producteur Iranien Jahangir Kosari qui a produit
quelques-uns de vos films ?
Rakhshan Bani Etemad :La plupart des films Iraniens sont produits
par des producteurs privés. Ils optent pour des prêts bancaires
afin de financer leurs films.Après les sorties des films,ils
sont obligés de rembourser largent emprunté avec de
lintérêt. Le cas de Jahangir Kosari est extraordinaire
car chez nous en Iran il ny a pas beaucoup de producteurs
qui fournissent des capitaux pour des films dauteur.
Jahangir Koshari a soutenu beaucoup de femmes cinéastes
Iraniennes comme Niki Karimi, Mona Zandi Haghighi, Maryam
Shahriar, Manizeh Hekmat et Tahmineh Milani. Je suis contente que
mes films produits par Jahangir Koshari ont trouvé également du
succès chez le public. Ils ont remporté du succès aussi dans
les salles de cinéma.
Lalit Rao : Vous avez fait tantôt des films de fiction tantôt
des documentaires. Comment établissez-vous un équilibre entres
ces deux genres différents ?
Rakhshan Bani Etemad : Je nai pas arrêté de faire des
films documentaires. En fait,beaucoup de mes long métrages sont
basés sur mes films documentaires. Donc dans cette manière,je
fais beaucoup de recherche pour mes films. Je tourne des films
documentaires afin de respirer.
Lalit Rao : Dans votre film Sous la peau de la
ville,le personnage de Tuba vers la fin du film en se
mettant en colère dit « à qui montrez-vous ces films
».Comment doit-on interpréter cette réplique ?
Rakhshan Bani Etemad : Tout dabord,cest envers
moi-même la cinéaste que Tuba montre sa colère. Cest
comme Tuba me demande si votre film va émouvoir les autorités.
Je dois également mentionner que la télévision iranienne a
refusé de diffuser mon documentaire. Elle ma demandé de
renoncer à cette fin. On na pas accepté cette condition.
Par conséquent, on na pas vendu ce film à la télévision
Iranienne. Jai osé à refuser car javais le soutien
de mon producteur. Si cétait un autre producteur, je
serais obligée de le vendre à la télévision Iranienne.
Lalit Rao : Comment se fait-il que vos films marchent aussi bien
dans les salles de cinéma comme dans les festivals de film ?
Rakhshan Bani Etemad :Je pense que mes films marchent bien car
ils sont appréciés par le public car les thémes de mes films
sont universels. Je cite le cas de mon film « Gilaneh » comme
exemple. Ce film a été aimé dans les pays comme La
France,LItalie où il ny a aucune guerre. Je crois
que mes films remportent du succès car le public peut
sassocier à la guerre. Mes films parlent de lhomme
et de lhumanité. Ils ne parlent pas dun pays
spécifique.
Lalit Rao : Avez-vous toujours réalisé des films que vous aviez
souhaité tourner ?
Rakhshan Bani Etemad :En ce qui concerne mes films,je les ai
faits dans la manière je voulais les faire. Je nai pas
fait les films que je nai pas pu faire.
Lalit Rao : Quels sont les cinéastes qui vous ont influencé ?
Rakhshan Bani Etemad :Je ne peux pas nommer un cinéaste
particulier qui ma inspiré. Jadmire bien le travail
des cinéastes à la fois orientaux et occidentaux qui ont fait
des films sociaux. Mes cinéastes préférés sont ceux qui ont
décrit des réalités sociales. Voilà pourquoi mon travail ne
ressemble pas à celui dun autre cinéaste. Cest le
sujet qui me guide lors du tournage de mes films. En fin du
compte, pour moi le cinéma nest pas un but mais un moyen
pour décrire la réalité sociale.
Interview réalisée à Vesoul le 04 Février 2006 par Lalit Rao
lors du 12ème Festival International du film Asiatique de Vesoul
2006 (31 Jan-7 Fév 2006)
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