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Entretien avec Jean Marc Thérouanne : le fondateur du Festival
International du Cinéma Asiatique de Vesoul sur le cinéma Indien
par critique de cinéma Lalit Rao

Entretien avec Jean-Marc Thérouanne, Délégué Général du Festival International du Film Asiatique de Vesoul sur le cinéma indien et
son avenir en France.

Lalit Rao : Est-ce que le cinéma indien populaire Bollywood est soutenu pas les médias français ? Si oui, pourquoi/si non, pourquoi ?

Jean Marc Thérouanne :Oui, certains médias Français soutiennent ou du moins rendent compte du cinéma indien populaire de Bollywood. « Les cahiers du cinéma » et « Positif » en rendent compte dans leurs colonnes, mais des journalistes des web magazines comme «Fantastikasia » ou « Cinéasie » le soutiennent, Canal Plus et ARTE sont deux chaînes de télévision qui ont présenté des films dit de Bollywood.

Lalit Rao : Est-ce que le cinéma Bollywood a réussi en France ? Si oui,pourquoi/si non,pourquoi ?

Jean Marc Thérouanne : Grâce au travail d’un distributeur de films comme « Bodega Films », le cinéma Bollywood a suscité un certain intérêt de la part des cinéphiles et au-delà, mais ce sont surtout les films Bollywood de qualité (Devdas,Lagaan, Swades etc )

Lalit Rao : Est-ce que le cinéma indien Bollywood a suscité le renouvellement de la passion pour le cinéma indien ? Si oui, pourquoi/si non,pourquoi ?

Jean Marc Thérouanne : Je pense que le cinéma indien est surtout connu par la figure emblématique de « Satyajit Ray », chef de file du cinéma parallèle. Déjà par le passé, on s’est intéressé au cinéma populaire de qualité. Je pense à « Pakeeza » (Cœur Pur) de Kamal Amrohi, à « Pyaasa » (L’Assoiffé) de Guru Dutt, à « Phanniyama » de Prema Karanth, à « Awara » (Le Vagabond) de Raj Kapoor qu’à d’ailleurs présenté le Festival International des cinémas d’Asie de Vesoul dans le cadre d’une rétrospective en 2003 . Le distributeur français controversé : « Films sans frontières » en diffuse régulièrement depuis de nombreuses années. En France, la présentation de « Devdas » de Sanjay Leela Bhansali à Cannes en 2002 a permis de faire redécouvrir le cinéma indien populaire de qualité (c.f. « l’hommage à Raj Kapoor ») à Cannes cette même année, a ouvert une brèche et suscité un intérêt pour le cinéma Bollywood. Mais cet intérêt est limité sauf au sain de la communauté indienne de France.

Lalit Rao : Dans le passé (Il y a 15 ans) on méprisait le cinéma indien populaire, pourquoi de nos jours,il y a de l'intérêt pour ce cinéma qui a été bien rejeté en France ?

Jean Marc Thérouanne : Il faut toujours faire une différence entre les critiques, les cercles de cinéphiles et le grand public. Il y a toujours eu un intérêt pour les grands du cinéma indien populaire, notamment ceux des années 50-60. Dans le monde, le cinéma indien populaire est très goûté notamment dans des pays arabes,d’asie centrale, en Iran etc. En Europe, les grands classiques du cinéma indien populaire tel « Mother India » sont appréciés par un public restreint de connaisseurs. Le problème avec Bollywood c’est que les studios de Bombay produisent des films populaires de médiocre qualité. Avec la vague montante du cinéma asiatique venue de la Chine, de la Corée, du Japon, de Hong Kong puis du Singapour et de la Thailande, les regards se sont de nouveau tournés vers le cinéma indien notamment populaire de Bollywood pour en extraire des perles rares. Ce cinéma a profité de l’intérêt pour le middle cinéma suite au lion d’or reçu à Venise pour « le mariage des moussons » de Mira Nair.

Lalit Rao : Selon vous qui est le public qui voit des films indiens ?

Jean Marc Thérouanne : Un public de gens cultivé qui apprécient les vrais grands auteurs comme G.Aravindan, Shyam Benegal, Pankaj Butalia, Ritwik Ghatak, Aparna Sen etc ceux qui aujourd’hui sont les vrais héritiers de l’immense Satyajit Ray. Je pense en tout premier lieu à Buddhadeb Dasgupta et à Adoor Gopalakrishnan. Ce public cinéphile souvent amoureux de l’Inde et de sa civilisation s’intéresse aussi au bon cinéma populaire.

Lalit Rao : Que pensez-vous de l'avenir du cinéma indien en France ?

Jean Marc Thérouanne : L’avenir du cinéma indien en France passe par la découverte du cinéma d’auteur indien. Il y a un gros travail à faire en ce domaine. C’est une des raisons qui nous conduit à rendre hommage pour le 13ème Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul (13 au 20 Février 2007) à Aparna Sen en sa présence. C’est notre contribution à tenter de réparer une injustice et combler une lacune. Je pense profondément que le cinéma d’auteur indien est très mal connu et mérite sa juste place.

Lalit Rao : Selon vous pourquoi de nos jours, ne voit-on pas des films indiens d'auteurs ?

Jean Marc Thérouanne : On voit hélas trop peu de cinéma d’auteur indien en France. Il faut souligner les efforts de distributeurs comme « Les films du Paradoxe », « les grands films classiques » ou « CTV ». Je pense que c’est parce que le cinéma indien est très enraciné dans sa culture et donc plus difficile d’accès à la mentalité occidentale.

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