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9ème Festival International du film de Kerala 2004
(10-17 décembre,2004). L’accès à la popularité stupéfiante par critique de cinéma Lalit Rao

Connaissez-vous des festivals de cinéma appréciés par tout le monde ? Perdu ! La réponse est assez claire.Les meilleurs festivals du cinéma ne sont pas ceux qui offrent soit aux spectateurs soit aux critiques uniquement la possibilité de voir des centaines de films mais ceux qui fournissent également la possibilité de faire de nouvelles découvertes.Si on arrive à rédiger une liste de ces festivals (tâche difficile),il nous faudrait sûrement inclure un festival Indien.Il s’agit du festival international du film de Kerala.Dans un pays énorme comme L’Inde où le nombre desfestivals de cinéma (7 festivals) est aussi grand que la production annuelle des films (à peu près 850 longs-métrages),le festival international du film de Kerala par ses programmes méticuleux a réussi à s’imposer comme l’un des meilleurs festivals du cinema.La 9ème édition du festival international du film de Kerala 2004 était un succés.Pour les spectateurs renommé pour leur cinéphilie,l’équipe du festival sous la direction de Madame Bina Paul Venugopalan a conçu un programme remarquable.Il y avait plus de 170 films dans 17 sections,30 conférences de presse et plusieurs sessions de débats avec les cinéastes.La présence des maîtres comme Abbas Kiarostami et Tsai Ming Liang était une véritable aubaine car la projection de leurs films a donne naissance à des discussions ardentes sur le métier du cinéma.Quelques 4500 délégués ont été accrédités pour ce festival annuel qui se déroule au mois de décembre à Trivandrum dans le sud de l’Inde.

Il faut bien analyser la section compétition pour trouver une représentation plus variée de l'état du cinéma dans le monde (de Bhoutan au Maroc,en passant par l'Inde,l’Iran ou la Chine).Cette fois-ci la section compétition consistait en 16 longs-métrages venant de l’Asie,de l’Amérique latine et l’Afrique.La plupart de ces films racontait des conflits émotionnels subissent par leurs protagonistes.Parmi ces films,il y avait 7 films tournés par des cinéastes débutants.

Le jury sous la présidence de Paul Leduc (Méxique) a décerné deux récompenses importantes.D’une part le film péruvien “Dias de Santiago” (2004) de Josue Mendez a été jugé comme le meilleur film,d’autre part le philippin Mark Meily a été choisi comme le meilleur réalisateur pour son film “Crying Ladies” (2003) Ce dernier a aussi été déclaré comme le meilleur film asiatique par le NETPAC (Network for the promotion of Asian Cinéma).

“Dias de Santiago” en tant qu’un drame psychologique représente les déboires d’un soldat (Santiago Roman) qui essaie de s’adapter à la vie civile.Ce petit film intime montre comment les jeunes partout dans le monde sont les victimes du chômage.Le cinéaste Péruvien Josue Mendez par le truchement d’une caméra Steadycam et la voix off rend les spectateurs près de notre héros.La colère,la frustration et latragédie de la situation sont admirablement portées à l’écran par la prestation merveilleuse de Pietro Sibylle.Quant à Mark Meily,son film philippin “Crying Ladies” était une vraie découverte du festival.On a toujours associé le cinéma philippin avec les images fortes des cinéastes chevronnés tels que Tikoy Aguiluz,Marilou Diaz Abaya,Lino Brocka etc.“Crying Ladies” tout en étant une comédie dénonce l’hypocrisie qui règne dans la société philippine contemporaine.Ce film désopilant est centré autour de ses trois protagonistes principaux qui acceptent le travail à mi-temps du cortège funébre professionnel pour un riche homme d’affaires chinois.D’emblée voit-on assez clairement que le scénario de Mike Meily lance une attaque virulente sur la société chinoise,l’église et chose surprenante sur le métier du cinéma !

Le festival international du film de Kerala a toujours servi de la rampe de lancement pour les films indiens vu que les directeurs artistiques des festivals importants y participent afin de choisir des films indiens pour leurs festivals.Ils étaient assez contents d’avoir trouvé une bonne récolte des longs-métrages indiens.Il y avait 3 films qui ont saisi leur attention.Avec “Hari Om” (2004) le cinéaste indien Bharatbala nous a fait éprouver une aventure romantique au travers des jolis paysages du Rajasthan en Inde.Son film est un conte de fées loufoque d’un trio atypique (deux touristes français et un chauffeur de Rickshaw indien) qui fait la vraie découverte de soi tout en établissant le contact avec le vrai esprit de l’Inde.Ils trouvent de l’amour et du courage dans des circonstances instables.“Morning Raga” (2004) de l’homme du théâtre Mahesh Dattani s’est révélé comme un film sublime.Celui-ci parle de l’effet de la musique sur les tragédies individuelles de ses trois personnages.“Morning Raga” nous prouve que la musique est capable de guérir toutes les blessures humaines.Les thèmes universaux comme la tragédie et la perte de la vie humaine figurent également dans le nouveau film “Amu” (2004) tourné par Shonali Bose. Le film montre comment la jeunesse indienne actuelle fait face à des plaies d’une hécatombe horrifiante.“Amu” est le récit de la violence contre la communauté Sikh lors des émeutes de 1984 après l’assassinat du premier ministre indien Mme Indira Gandhi.

Au Kerala pendant une semaine du festival,s’il y a une section qui attire la grande foule,c’est certainement la section “World Cinema”.Cela permet aux autochtones à se familiariser avec les meilleurs films primés ailleurs.Cette fois-ci les spectateurs indiens ont réussi à voir quelques films importants qui n’ont pas été montrés dans d’autres festivals indiens.Le grec Thanos Anastopoulos a suscité trop de curiosité avec son film singulier “Tout le poids du monde”(2003).Le thème du film circule autour des 11 personnages d’une ville grecque qui sont étroitement unis par les tribulations d’un haltérophile.Tout le film est une mosaïque des éléments humains tels que l’amour,la naissance,la grossesse et la mort.“Nuit noire” (2003) du portugais João Canijo traite une nuit entière des fausses apparences entremêlées avec des mensonges,de la déception,de la faiblesse et de la lâcheté.Le film s’aboutit à se métamorphoser en une tragédie grecque et par conséquence tout finit par culbuter.

On a souvent l’impression que lors des festivals du cinéma les spectateurs sont moins attirés par les documentaires.Cela n’était pas le cas avec le documentaire “The Corporation” tourné conjointement par Mark Achbar et Jennifer Abbott.Peu après la projection initiale,celui-ci s’est manifesté comme la fable de la ville pour tout le reste du festival.Ce film relève la montée en puissance des sociétés commerciales qui dominent notre existence.L’aspect saugrenu du film ! On a montré que les sociétés commerciales font preuve d’innombrables traits médicaux pour être classifiés des psychopathes.

Le point culminant de ce festival était les diverses discussions qui visaient à questionner l’usage du technique afin de créer des spectateurs conscients.Selon le maître iranien Abbas Kiarostami l’usage de la technologie dans le cinéma est avantageux.Il a précisé que ce n’est pas la technologie qui détermine la qualité de la création mais c’est la créativité de l’individu qui s’en sert.En avouant sa préférence pour la technologie,il a préconisé que la sélection du technique soit numérique dépend du thème que l’on désire aborder.Il était de l’opinion que la caméra numérique fournit énormément de liberté en offrant maintes possibilités à tout le monde afin de faire des films à petits budgets.

Le 9ème Festival International du film de Kerala 2004 s’est achevé avec l’aveu franc du Président de l’académie du film de la région de Kerala Rajeev Kumar.Il a souligné l’importance d’atteindre les niveaux mondiaux dans le domaine de la projection des films.Il a déclaré sans réserve que son institution ferait de son mieux pour que le festival international du film de Kerala parvienne à atteindre les niveaux requis.Souhaitons que son voeu se réalise !

Les récompenses de la 9ème édition du Festival International du film de Kerala 2004

Le Jury International:

Paul Leduc (Le Président,Méxique)

Simon Field (L’Angleterre)

Dora Bouchoucha (Le Maroc)

Mama Keita (Le Sénégal)

Farhan Akhtar (L’Inde )

Le prix du jury (Le Faisan d’or) pour le meilleur film

Josue Mendez (Dias de Santiago,2004,Le Pérou)

Le prix du jury (Le Faisan D’argent) pour le meilleur réalisateur

Mike Meily (Crying Ladies,2004,Les Philippines)

Le prix du jury (Le Faisan d’argent) pour le meilleur réalisateur débutant

Bahij Hojeij (Ring of Fire,2003,Le Liban/La France)

Le Jury FIPRESCI :

Joan Dupont (La Présidente,Les états-unis)

KNT Sastry (L’Inde)

Shaheen M Kabir (Le Bangladesh)

Le Prix du Jury

Bahij Hojeij (Ring of Fire,2003,Le Liban/La France)

Le Jury NETPAC :

Ashley Ratnavibhushana (Le Président,Le Sri Lanka)

Madhu Jain (L’Inde)

Yves Thoraval (La France)

Le Prix du Jury (Le meilleur films Asiatique)

Mike Meily (Crying Ladies,2004,Les Philippines)

Mention Spéciale

Eran Riklis (The Syrian Bride,2003,L’Israel/La France/L’Allemagne)

Le prix des spectateurs

Le meilleur film,Premier Prix

Reza Heydarnejad (Album,2004,L’Iran)

Le meilleur film,Deuxième Prix

Shen Wensheng (Endless Way,2004,La Chine)

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